L’Héritage

Scénario Bloodlust par Laurent LANTY.

 

 

Un scénario se passant en pays Batranoban intéressant des joueurs avides de richesses et privilégiant tout de même la réflexion tout en ne délaissant pas le rentrage dans le lard. Il serait intéressant (voir conseillé) qu’il y ait des Batranobans Parmi les PJs (ou mieux, un gardien de la route).

Tout commence par une paisible journée à Durville, les joueurs manquant singulièrement d’argent (ce qui est étrangement courant dans un scénario de JDR). En s’enquérant dans leur taverne habituelle des diverses offres d’emploi pouvant requérir leur spécificité (qui est "porteur d’arme", bien évidemment). Ils apprendront qu’une caravane en provenance de Mirny est prête à partir pour Pôle et que son commanditaire un certain Kaled Diour cherche des hommes (ou des femmes1) de trempe afin de l’escorter.

 

L’intrigue

En se renseignant un petit peu les PJs (mais, ça m’étonnerais qu’ils ne le fassent) pourront apprendre que ce Kaled Diour était un des hommes de main de la maison des Amahads qui a perdu récemment son chef Amed Amahads à la suite de son décès. Cette affaire est un des potins à la mode parmi la classe bourgeoise Batranoban. En effet, l’héritage du très riche Amed Amahad est disputé entre son fils aîné et légitime d’une première femme et d’un deuxième fils tout aussi légitime d’une deuxième femme. Mais où est le problème me direz-vous, l’aîné est arrivé le premier donc il est prioritaire. Seulement, la première femme d’Amed était une gadhar (au grand désespoir du reste de la famille d’ailleurs) et donc, le fils Ioussoun est un Alweg (oh! horreur!). Alzred, le second fils, lui est un Batranoban pur souche et réclamait les droits à l’héritage. Il en a appelé au jugement du conseil des treize qui lui a donné raison. Un Alweg ne peut être considéré comme un citoyen Batranoban et ne peut prétendre à la richesse d’une maison Batranoban. Mais ce dernier renseignement concernant le jugement, les PJ ne peuvent pas encore l’apprendre.

La Caravane

Des porteurs d’arme, quelle aubaine! Bien sûr qu’ils son engagés. (N’oubliez pas de marchander fermement sur le prix du service rendu par les PJ, n’hésitez pas à les arnaquer un peu histoire de les stresser. De toute façon, ils louperont leurs jets de marchandage2.)

Toutefois, Kaled prendra le gardien de la route à part (si il y a un PJ gardien de la route) et lui proposera une très forte somme d’argent pour fermer les yeux au sujet de la cargaison de la caravane qui contient quelques épices illicites.

La caravane part le lendemain en direction de pôle, mais les PJs s’apercevront vite qu’elle ne prend pas le chemin habituel, la route la plus fréquentée. Kaled préférera prendre les chemins de traverse et, au lieu de le contourner par le nord, la caravane prendra en plein la direction du désert du Haäs au nord-est.

Le voyage se déroule sans problème les deux premiers jours. Enfin, sans compter la chaleur et la soif, car la traversée du désert à commencée. La caravane paraîtra bizarre aux PJ. Elle leur apparaît plus comme un déménagement qu’à une caravane marchande. Elle contient un mini-harem, et bien sûr, la garde personnelle de Kaled (6 hommes + 1 porteur d’arme) empêchera les PJ de s’approcher de trop près. Un singe de gardien de la route pourra renifler une très grosse quantité d’Epice dont une bonne partie illicite. Il y a aussi des meubles et des objets d’art, plus de gros sacs dont le contenu est gardé secret. (il s’agit de toute les richesses de la maison Amahad).

C’est le troisième jour que Tout se corse, au réveil du matin, le campement se retrouve encerclé par une milice privée prête à attaquer. Il s’agit d’une quinzaine de Batranobans. Kaled s’avance pour parler avec ce qui semble être leur chef, les PJ n’entendent pas ce qui se dit, mais visiblement, ils ne s’échangent pas des civilités. Des insultes fusent et Kaled revient: "Ils veulent nous rançonner", dit-il "ils veulent 1/3 de notre marchandise en échange du droit à utiliser leur oasis, surtout que l’oasis appartenait à la maison Amahad avant que ces bandits ne se l’accaparent. J’ai refuser l’offre, nous nous passerons de l’oasis pour le voyage." Les Pj devraient être abasourdis par ces révélations, car le manque d’eau (pour les montures notamment) se fait de plus en plus sentir. Mais, les miliciens ne l’entendent pas de cette oreille, leur chef cri tout haut "De toute façon, nous aurons toute la cargaison!" puis, il cri un ordre d’assaut destiner à sa milice. Les PJ dont l’arme les démangeaient pourront s’en donner à cœur joie, la quinzaine de miliciens se jetteront sur la caravane. Comptez ces hommes comme des Batranobans Vétérans, sauf deux porteur d’armes: le chef et un autre. Le chef est porteur d’une doloire, l’autre est porteur d’une hache.

L’issue de la bataille sera en faveur des PJ, mais pas de la garde de Kaled (il reste 2 gardes qui ont récupéré les armes des miliciens). A ce moment de l’histoire, Kaled, ne se voyant pas très apte à continuer son chemin avec uniquement deux gardes et plus aucune goutte d’eau (la citerne qui était sur un chariot à été percé par un coup de cimeterre) propose au PJ de doubler leur salaire si ils invertissaient l’oasis (à quelques heures de marches d’ici) par la force. "Ce ne devrait pas être difficile, dit Kaled, vous avez décimé la plus grosse partie de leur armée. Il ne devrait pas rester plus d’une demi-douzaine d’hommes armés". Si les PJs acceptent: en route pour une nouvelle baston!

L’oasis

Une oasis à vocation agricole se dresse en plein coeur du désert. Des dattiers, des oliviers et des épices poussent sur les bords de canaux alimentés par une noria actionnée par un polac. Dans la périphérie se dresse quelques tentes et une grande et belle villa.

Dans l’oasis même, nos héros ne trouveront pas de trop grande résistance; ils attireront juste le regard interrogatif de quelques pauvres indigènes. C’est quand ils approcheront de la villa que les gardes de celle-ci feront preuve d’une quelconque résistance. Une fois exterminés, les PJs pénétreront dans la superbe villa, feront fuir quelques servantes et se retrouveront nez à nez avec le maître des lieux Mamoud Pacha.

Celui-ci ne sera pas trop surpris de les voir arriver (il est porteur d’un cimeterre à 200 points, à vous de l’imaginer) ils leur proposera de ce mettre à son service si ils ne veulent pas se mettre dans l’illégalité. Il leur expliquera alors l’histoire de Amed Amahad en rajoutant le fait suivant: "Kaled est l’ami d’enfance de Amed et il s’empresse de voler au compte d’Amed l’héritage (qui se trouve pour partie dans la caravane). De plus trois autres convois sont déjà arrivés dans la résidence de Amed à Pôle. Cet héritage Amed n’a pas eut le droit de l’hériter".

Mais ce que Kaled ne sait pas, c’est que Alzred a intercepté le dernier convoi (le cinquième) à Mirny (car les Amahad sont de Mirny) et a fait mettre Amed en prison. Il est actuellement dans la prison de Durville.

"Moi, je ne suis qu’un simple exécutant! Un notaire si vous voulez. J’ai été chargé par Alzred et l’Etat Batranoban pour récupérer cette oasis pour le compte de l’héritier officiel Alzred Amahad. C’est après que j’ai reçu un messager me priant de vous intercepter et vous rendre à la justice. Ne vous mettez pas hors-la-loi! Joignez-vous à moi pour arrêter Kaled! Je vous emploierais au même tarif que lui vous paie en ce moment."

Le choix est à vos PJ:

1- casser la gueule à Mamoud;

2- casser la gueule à Kaled.

Le premier choix ne serait que justice après ce que vos PJ ont du recevoir par sa faute dans le désert. De plus, si les PJ ont des craintes de se mettre à dos le conseil des treize c’est la solution idéal. À l’inverse, ce serait briser un contrat que d’opter pour la première solution (certains PJ ont un sens de l’honneur, si si ça existe!) et il y a des chances pour que Kaled paye plus longtemps (jusqu’à Pôle du moins) alors que Mamoud, ce serait seulement le temps de l’arrestation.

Faites bien ressortir ces arguments à votre équipe. Ils faut qu’ils réfléchissent et qu’ils en discutent. Le scénar est prévu pour qu’ils restent du côté de Kaled. Il faut leur faire croire que Mamoud bluffe, car vos joueurs ont précédemment décimés sa garde personnel dans le désert et qu’il se retrouve quasiment tout seul. Si ils choisissent la mauvaise solution, ce n’est pas grave, le scénar durera moins longtemps, c’est tout.

Si les PJ choisissent d’occire Kaled, ils auront le droit de le ramener à Durville où il sera jugé et ils recevront une petite prime avant de retourner vaquer à leur éternelle errance de héros de jeu de rôle.

Par contre, si ils choisissent de s’en prendre à Mamoud:

La proposition ou

Après le cassage de gueule de Mamoud

Kaled arrivera et remerciera les PJ. Ceux-ci, je l’espère, réclameront quelques explications. Kaled leur dira qu’il n’était pas au courant de la fin de l’histoire, mais il garantira le reste des faits.

Il sera très affligé par le fait que Amed soit en prison et proposera donc un arrangement aux joueurs. Il leur demandera d’allonger le contrat. En échange du vœux le plus cher de chaque joueur (et dans la limite des stocks disponibles au Bazar de Kaled) les PJ devront libérer Amed de l’infâme prison de Durville (qui se trouve à quelques kilomètres de la ville).

De retour à Durville

Si les PJs acceptent le marché, ils n’auront aucun problème pour se retrouver à Durville. Mais là un nouveau problème se posera à eux: comment faire sortir Amed Amahad de là? Surtout quand on connaît le fonctionnement de la prison.

La Prison de Durville

Architecturalement, la prison se présente comme une grande muraille carrée comportant quatre tours carrées elles aussi aux chaque coins. Sur la façade ouest (vers Durville) se dresse une grande porte cochère encadrée par deux plus petites tours. Les murailles cherchent plus à empêcher les gens de sortir qu’à les empêcher d’entrer.

Au centre de cette cour formée par les murs se situe un grand bâtiment circulaire surmonté d’un dôme byzantin traversé par trois passerelles. Il s’agit des dortoirs surplombés par les passerelles de surveillances. Les gardes ne descendent jamais dans la prison dont l’intérieur est entièrement sous le contrôle des détenus. Les geôliers se contentent de descendre la nourriture et l’eau par des grues équipés de poulies. C’est aussi par ce système que l’on évacue les déchets et les morts (après avoir préalablement criblé de carreaux d’arbalètes les chargements pour être sûr que personne ne s’évadera par ces voies là).

Pour séparer les éventuels bagarreurs, les geôliers sont équipés de très grandes perches munies de lames et de crochets. Ils manient ces perches du haut des murailles ou des passerelles. C’est comme ça que les gardiens se font respecter auprès des détenus.

A l’une de des grues qui trônes au sommet des murs, pend une cage. Il s’agit du parloir où le visiteur se trouve enfermé et descendu dans "la fosse aux lions" pour discuter avec le visité.

La porte d’entrée n’est ouverte que pour enfourner les nouveaux détenus à l’aide d’un chariot tiré par des polacs que l’on approche de l’encadrement de celle-ci, Un peu comme des fauves que l’on lâche dans la cage du dompteur.

Lorsque la peine d’un détenu prend fin (ce qui est assez rare car ceux-ci sont souvent déjà mort), on l’appelle, on l’identifie, et on le hisse à l’aide des grues.

L’administration et les accès aux chemins de rondes de la prison se situent dans les tours et sont accessible par des entrées donnant à l’extérieur, mais à aucun moment à l’intérieur. Il n’y a aucune issue vers l’intérieur de la prison à part la grande porte.

Voilà ce que pourront noter les personnages après une ou deux journées d’observations. Ils pourront aisément (moyennant une petite corruption) avoir accès au parloir pour discuter avec Amed. Les PJ verront qu’il vit assez bien dans sa prison, car son aisance financière lui permet de payer quelques "gardes du corps". Ces anciennes concubines lui amènent régulièrement de quoi les payer. Il n’attend que de sortir, il se doutait que son fidèle Kaled préparerait quelque chose. Mais, il faudra aussi prévoir de faire évader ses gardes du corps.

Pour l’évasion, cela risque d’être très dur, mais il faudra procéder avec méthode: notamment enquêter sur la disposition et les habitudes de la prison. Les PJ pourront en enquêtant plus profondément découvrir qu’un nouveau prisonnier sera prochainement amené à la prison. C’est le moment propice pour une tentative d’exfiltration. Le chariot "panier à salade" qui transportera le prisonnier traversera une portion de désert entre Durville et celle-ci. Au cours de cette courte traversée le prisonnier ne sera accompagné que de quatre lanciers à pied et d’un arbalétrier à côté du conducteur. Il sera donc facile pour les PJ en plein désert de prendre la place (par la force ou par la ruse) de l’escorte, après avoir, bien entendu, prévenu Amed de ce trouver proche de la grande porte à l’heure convenue et d’y déclencher une émeute. Arrivé à la porte, les PJ devront "rater" l’entrée du nouveau prisonnier et profiter de l’émeute à l’intérieur pour faire sortir Amed et sa court. Ensuite, il suffira qu’ils se carapatent au grand galop avant de se retrouver avec toute une troupe de Batranobans à leur trousse.

Il va de soi que si les PJs ont une meilleure idée qui paraît mieux fonctionner laissez les faire.

Conclusion

Amed sera très content de ses sauveurs et une fois arrivé à Pôle il les récompensera en fonction des désirs qu’ils auront formulé en face de Kaled. Si un PJ n’avait rien demandé (parce qu’il pensait que ça ne pressait pas ou parce qu’il n’écoutait pas) donner lui seulement la somme marchandée au tout début. De plus, les PJ auront droit aux bonnes grâces de Amed dans son pied-à-terre de Pôle pendant la durée qu’ils désirent. Amed ne serait que trop content d’avoir momentanément de nouveaux gardes du corps contre les assassins envoyés par Alzred.

 

L@urent L@nty

 

 

1:Ménagons les susceptibilités féministes (et évitons de prendre les coups d’une Sekeker revancharde).

2: Avez-vous remarqué que les joueurs n’avaient pas tendance à avantager ce talent?


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